Epluchures patriotes

Je me souviens de ma mère qui plaisantait quand elle me demandait de l’aider pour éplucher les pommes de terre le dimanche

C’est à la finesse des épluchures qu’on voit la grandeur des nations!

 

Je me demande s’il existe des mouvement nationalistes concentrés sur l’optimisation des techniques culinaires, en rapport avec l’épaisseur des pelures de légumes.
Qu’on ait une vraie raison d’être fiers de la France.

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Regards

Dommage que votre regard s’arrête là où commencent les limites de mon corps,
alors vous butez dessus et vous ne pouvez pas me voir.

Parfois aussi votre regard passe au-travers de moi, mais alors là je ne sais pas trop comment vous avez fait.

On a des news du mec

 

 

Jésus est ou n’est pas quelqu’un que personne ne serait foutu de reconnaître dans la rue mais dont tout le monde parle.
Jésus est ou n’est pas quelqu’un dont tu dis que tu le connais pour être comme tout le monde, parce qu’il faut bien connaître le mec qui a fait la une continuellement.
Jésus est ou n’est pas un message d’amour que tout le monde a perverti pour créer la violence et la guerre et ça c’est forcément mal car tuer c’est mal, et cet avis très subtil, plus subtil forcément que celui de tous ces fanatiques prêts à tuer pour l’amour. Et tu vas le dire à tout le monde car forcément tu as mieux compris, ça et d’autres trucs genre l’exégèse, la République, et puis la liberté, et puis tu as une fille aussi et il faut être stupide pour perdre une heure chaque dimanche (car toi tu occupes tellement utilement chaque seconde de ta vie).
Et tu vois tu es encore capable d’utiliser le gars dont peut-être, ou peut-être pas, tout le le monde utilise la hype pour se créer sa propre hype. Jésus est ou n’est peut-être pas le couillon de l’histoire.

Mais ce qui est sûr c’est que Jésus est réellement ressuscité et qu’il revient.
C’est, ou c’est peut-être pas, une histoire de robot venu du futur.
C’est, ou c’est peut-être pas, quelque chose qui devrait nous terrifier, avant ou après la collision avec la grosse météorite qui m’empêchait de dormir la nuit quand j’étais en 4e.
Jésus est ou n’est pas ce type qui revient car il est ressuscité, mais que personne ne reconnaîtra, parce que déjà souvent reconnaître la gueule des gens que t’as croisé dix fois c’est dur, alors ceux que t’as jamais croisé n’en parlons pas.

Mais la ville est toujours belle quand il y a des lumières,

et que s’y mêle la croyance et le béton

et la fable et le réel,

mais il faut qu’il y ait des phares, des lumières.

 

[ajouter en surimpression sur une image? « fais ce que tu peux pour traverser la nuit »]

La communauté ou la solitude

Alors j’avais repris ce blog dans l’espoir de décharger tout ce que je mets sur twitter, et me sauver un peu de temps.

Mais je remarque que je n’ai rien. Peut-être pas mal à cause de la forme, puisque je m’étale en longueur, que je ne parle que de moi.
Sur twitter aussi je ne parle que de moi. La seule différence c’est que je suis dans le flot, je m’exprime d’un coup, j’éclate dans un grand mouvement, et parfois on me prend au vol. Il y a toujours le sentiment d’une communauté sur twitter.

Seulement j’ai l’impression que c’est un marché qui ne dit pas son nom.
Comme les courtisans, il faut paraître pour être. Comme dans une cour de récré, comme dans une classe de lycée, si je ne suis pas là, si je n’interviens plus, je n’existe plus. La communauté est au prix qu’on y participe. Qu’on s’y distingue. Souvent. Continuellement.
Je suis vite accro à la communauté. J’aime me voir écrire, avec un côté narcissique que je ne peux plus me cacher. J’aime voir moi-même mes tweets comme si j’était une autre personne, qui me voit, qui rit à ce que j’écris, qui m’aime.

J’aimerais parfois partir, mais je sacrifierais ainsi et cette sensation d’être unique, et cette communauté. Je crois que personne ne lit ce que j’écris ici. Je crois qu’encore une fois la condition sine qua non pour faire partie de ce grand groupe d’amis, c’est de faire acte de présence. Je ne sais plus si ce marché en vaut la peine.

Je me sens comme au début de ma relation avec Nounour, quand tout d’un coup, sans que j’aie rien anticipé, toute une sociabilité « pipoue » m’est tombée dessus, que des gens dont je ne savais rien favaient mes tweets à la chaîne, que des discussions enlevées avaient lieu partout, tout le temps, que je voulais exister là-dedans parce que j’avais peur d’être effacée, de pas faire le poids moi toute seule. Mais que cela m’éreintait, que ce que je vivais comme une compétition où tout le monde n’est pas explicite sur les enjeux me mettait dans une situation d’inconfort. Et j’explosais régulièrement, mais déjà j’étais accro, partir ce serait déjà un peu comme mourir.
Et quand je voulais m’éloigner car cette situation me rendait insécure, agressive, jalouse et méchante, quand j’ai dit à Nounour que je désirais qu’il existe entre nous un autre mode de communication car je ne pouvais plus me sentir à l’aise dans la foire au « paraître » il m’a dit qu’on trouverait.
Quelque chose, en-dehors de twitter, où je ne me sentirais plus évaluée, où je n’aurais plus l’impression de réclamer ma part d’amour, où j’aurais droit à des échanges plus feutrés, moins démonstratifs, plus personnels.

C’était une erreur. Il n’y avait rien d’autre.

Je me sens pareil maintenant.
Ce blog n’est pas une solution. C’est encore une erreur : il n’y a que les social medias, il n’y a rien d’autre. Ici, ça n’est pas une alternative, ici je serai seule.

Mais je ne sais pas, je me suis dit tout à l’heure qu’une communauté qui n’irait pas chercher de mes nouvelles si j’en donne moins, qui m’oublie quand je ne parais plus, où personne ne vient voir les autres bastions où on peut me joindre et avoir de mes nouvelles, cette communauté-là ne m’épanouira pas.
Je ne dis pas que je fais mieux par ailleurs. Les personnes pour lesquels je me donne la peine d’aller voir personnellement quand elles apparaissent moins sur les grands réseaux sociaux sont plutôt très peu nombreuses. Je me permets juste de penser ici égoïstement. Pour moi.

Lièvres artys

A la Queerzine Fair, j’ai acheté des petits livres de poésie en français-anglais (en plus de ce petit bouquin avec le bébé hippopotame non-binaire qui a peur que la nuit l’avale, et de deux gravures).

queerzine fair
C’était très chouette cette ambiance. Le côté artiste. Le côté grungy. Je me suis dit que c’était un truc que j’aurais aimé faire dans ma vie, de l’art visuel un peu, des gribouillis, de la poésie avec, tapée à la machine. J’ai aimé voir ces groupes ou ces personnes apparemment plutôt seules qui essayaient de vivre du fait de créer ce qui leur chante, ce qui est beau pour elleux. Rien que pour cette ambiance d’art de garage, même une poignée de fois par ans, ça vaut peut-être les doutes, la déconsidération sociale.
Je me suis mise à lire tout à l’heure quelques pages de poésie. Et j’ai mis en scène toute seule dans ma tête, mes pensées, des choses que j’aimerais faire entendre, ou faire voir, comme sur les feuilles d’un petit livret.
J’imaginais un peu tout ça sur ce blog, comme si la pensée qui coule dans ma tête volubile n’était pas tout de suite cassée dès que je m’assieds pour écrire.

J’ai pris quelques photos de mes ami.e.s hier soir, après la chasse aux œufs. Sans poser iels étaient aussi belleaux que des modèles pour des photos.
La soirée était plutôt intimiste, et encore Chnupi nous avait rejointes juste au saut du train.
Un ami n’avait pas pu venir car il n’arrivait pas à se lever. Une autre avait été intimidée, n’avait pas pu trouver la motivation au dernier moment.
Chnupi revient après un petit séjour passé avec une amie à Freibourg. Il repartira le 8 avril. Dans moins de deux semaines. La soirée a eu pour moi cette teinte de « dernières ou avant-dernières fois ». Quand on nous dit « profites-en » et qu’on n’a pas la moindre idée de comment vivre ça de manière à « en profiter ». Alors on fait juste comme d’habitude, une pointe de nostalgie anticipatrice en plus, comme si je vivais un événement en étant déjà dans un souvenir.

Je me dis que j’aimerais bien peut-être développer certaines des photos que j’ai prises sur mon téléphone, s’il y a toujours des bornes qui permettent de faire ça dans les supermarchés. Ensuite je les collerais sur des feuilles, j’écrirais, je ferais des montages. Je ferais des trucs, j’ai besoin de faire des trucs. Et pas de me poser les questions de la qualité, juste poser les choses qu’on veut parce qu’on trouve que là c’est cool, et puis ça nous change de l’habitude.
Ou même coller n’importe quoi côte à côte même si ça nous inspire pas tant que ça, et remarquer dans une semaine qu’il y a un truc qu’on adore là-dedans, alors qu’on sait très bien qu’on n’avait jamais voulu le mettre, et en fait c’est pas grave du tout.
Dans un an, on aura déjà réinventé le passé, on aura une histoire à laquelle on croit dur comme fer comme quoi ce jour-là on avait pensé à cette idée, on avait déjà ces photos dans les tiroirs, et on a bien réfléchi, on les a montées exprès, parce qu’on pensait tellement à tout ça.

Et personne ne saura que c’est pas vraiment vrai. Et c’est pas grave, ce qui est bien c’est que ce truc qu’on aime existe, et que c’est nous qui l’avons fait.

Je veux essayer de faire entrer de la création dans ma vie, d’avoir ce côté qui me valorise, où je me retrouve enfin. Je veux arrêter d’avoir le sentiment de passer à côté de ma vie.

Mais je pense toujours trop, je me pose toujours trop de question, je cours toujours trop de lièvres à la fois, et je ne sais pas si j’arriverai un jour à me débrouiller avec ça.

Remplacer twitter

Je me suis dit que je pouvais me mettre à écrire ce que je pense dans des articles de blog plutôt que de le développer tout le temps sur les réseaux sociaux.

Chnup m’a fait remarquer que j’avais tendance à développer ce que je pense en le twittant tout de suite, puis que j’entrais dans une spirale en guettant les réactions et en lisant ce que les autres disaient eux-mêmes. Chnup m’a aidée. Alors que je me détestais encore d’ « avoir passé la journée à rien foutre sur twitter », il m’a proposé d’envisager que j’étais bien loin de rien foutre. Que le travail constant de réflexion, d’analyse que j’explicite sur les réseaux sociaux, c’était justement un travail dans lequel j’investis de l’énergie.
« Tiens j’ai pensé à ceci » « Tiens j’ai vu ceci » « Tiens j’ai envie de développer cette idée » « Je le posterai sur twitter dès que je peux! »
C’était assez pertinent je crois.

Tout à l’heure j’avais le cul assis sur un tape-cul une chaise assez inconfortable au Freegan Pony (Porte de la Villette, caché dans le rond-point du périph, espèce de hangar au public semi-underground semi-bourgeois curieux tel que moi _ ce qui est peut-être politiquement très discutable mais j’avoue que je me suis pas attardée sur la question, l’ensemble des choses que j’ai lues à ce propos ayant juste monté dans ma tête comme des bulles de Rozanna) à mater un documentaire ma foi bien torché dans le cadre de la Queerweek. Il me faut environ une heure pour arriver au Freegan Pony, car chaque fois que je découvre un endroit cool dans Paris, il est diamétralement opposé de l’endroit où j’habite.
Devant moi, par hasard, en spectateur, une connaissance, Renaud, le président de Polychrome qui a mis la culture queer sous toutes ses formes dans les préoccupations des associations de l’Ecole du Louvre, et dont je pense que la science ne saura jamais compter l’équivalent de combien de vies normales il vit en même temps pour réussir à faire autant de trucs, et surtout expliquer comment il fait. Je n’ose pas faire du bruit pendant la projection alors je lui dirai bonjour après.

Bref j’étais là et diverses choses courraient tranquillement dans ma tête.
Comme.
*on se les gèle vraiment.
Pourquoi on peut pas faire du feu dans un bidon avec de l’essence comme on voit dans les films post-apo où c’est la zèrmi et les gangs règnent à Los Angeles, ou plus simplement comme j’ai déjà vu à la foire médiévale de je sais même plus où c’était mais il y avait ça?
*… atta c’est pas Renaud devant moi? Oups j’ai pas vu Renaud. Je dis bonjour à Renaud? Est-ce qu’il m’a vue? Qu’est-ce qui se fait normalement? Est-ce que je vais oser aller lui dire bonjour après ou est-ce que je vais faire comme presque toujours quand voilà quelqu’un que je ne connais pas bien mais à qui je devrais parler? [ => en substance « oh ben c’est pas obligé voilà une super excuse pour partir ». Part. ]
*j’aimerais réussir à suivre le film mais il y a trop de choses qui se suivent et trop précises et mon cerveau peut juste pas garder une concentration soutenue et compacter ces infos comme ça. Retenons qu’on parle du MIX. A la fin c’est Sylvia Rivera qui fait une allocution au micro j’avais jamais vu de vidéo avec elle dessus et elle a tellement de charisme que je crois que mon petit coeur va exploser.
Il faudra que je retrouve ce film pour chez moi, j’ai rien retenu dessus sauf un tout petit truc que j’ai pris le temps d’écrire sur le memo de mon téléphone à propos de conserver la mémoire des mouvements passés.
Et aussi cette définition de « communauté » d’une femme dont j’ai déjà totalement oublié l’identité mais qui parlait « d’accountability » et qui a mis autour de la notion de « communauté » des choses qui dépassent les définitions par identité et c’était intéressant. Je me demande mentalement s’il n’y a pas plusieurs types de communautés dont la légitimité est à définir en fonction de l’objectif qu’elles se fixent, car il me semble que l’exclusion des non-concernés est aussi un outil politique qu’il ne faut pas perdre. Or la notion de communauté de cette personne inclut sans souci les personnes non-concernées. Mais c’est intéressant.
*il va falloir que je réfléchisse à comment organiser mon temps pour reprendre mon mémoire et ma vie en main en revenant chez moi. C’est bien comme je me sens bien, alors qu’hier j’avais envie de mourir et l’impression que je gérerais jamais rien.
Déjà il va falloir que je liste tous les entretiens que j’ai faits, les trucs qui traînent dans mon disque dur, mes recherches… Pour pouvoir en faire un compte-rendu cohérent à mon directeur de mémoire qui m’a envoyé un mail début Février et à qui j’ai juste répondu « pardon je dois passer un concours je vous recontacte juste après ». Et j’ai rien recontacté. J’ai encore des gens à interroger, des livres à lire, j’ai encore mille idées et trop de direction et god ce mémoire est bien trop vaste je sais à peine de quoi je parle.
Et puis une fois que j’aurai fait ça, je lui dirai aussi, à mon directeur de mémoire, que mardi je vais voir une généraliste et que je lui demanderai conseil au passage pour voir un psy car ça fait plus de 10 ans que je suis dans les études supérieurs et que mon souci pour m’organiser a sûrement largement dépassé les limites du petit problème de paresse. Que je pense que je suis quelque part bien assise sur le spectre autistique, que j’ai peut-être des troubles de l’attention, que je vis avec ma peut-être dépression, et que j’espère qu’un bon diagnostic va m’aider à avoir des solutions car honnêtement j’ai juste l’impression que je fais mal mon travail et que je me fous de sa gueule mais j’arrive vraiment pas à faire autrement. Oui. Je vais dire ça à mon directeur de mémoire. Je crois. Je vais prendre du courage et essayer. Lui dire que je dis pas ça pour l’embrouiller avec ma vie et que je l’ai pas pris pour maman mais que juste ça a une incidence assez importante sur mon travail donc ça le concerne.
Et puis j’espère enfin arriver à repartir avec assez de confiance et les idées claires pour rendre en Septembre et je suis désolée mais autrement j’ai envie de mourir.
*et du coup en pensant à ça je me dis que puisque j’en suis à organiser ma vie autant penser directement au problème twitter. Alors je repense au truc de Chnup sur le fait que ce que je fais sur twitter c’est pas « rien du tout de la journée » et que ça a une fonction pour moi. Sortir, décortiquer ma pensée. Et je réfléchis à une solution pour pouvoir faire ça mais me sevrer un peu des réseaux sociaux. Et je repense aux blogs.
C’est pour ça que je suis là. Je vais essayer de plutôt parler de mes trucs et de mes bidules dans un coin à part, et ensuite poster des liens aux moments plus délimités où j’irai sur twitter. Même si je parle encore +++ de n’importe quoi tout le temps, ça me fera quand même gagner du temps par rapport à quand je scrolle sur twitter, et je sais de quoi je parle.
*et je crois que j’irai pas à la messe finalement (je voulais aller à la messe de Pâques, même si je ne suis plus chrétienne depuis longtemps, mais la messe de Pâques c’est un truc assez spécial).

Ca c’est à peu près tous les trucs qui se promenaient dans ma tête quand je regardais le film dans le froid, loin de toute conception de bidon d’essence en flamme. Loin de l’essence de l’essence. Badoumtss.

A la fin j’ai vraiment dit bonjour à Renaud, mais il est allé tout de suite aux toilettes et je suis partie pendant ce temps donc j’ai peut-être fait un peu les deux trucs de quand je dois dire bonjour à quelqu’un, à la fois. En même temps réussir à dire bonjour, et en même temps partir l’air de rien.